« Le photovoltaïque agricole en 2026 » · entretien avec Matthieu Galland, 15 ans d’investissement solaire
Matthieu Galland, agriculteur dans les Ardennes, a fait le choix de se diversifier dans l’énergie solaire depuis 2010. En 15 ans, il a réalisé 8 projets allant de 9 à 380 kWc sur son exploitation. Du premier contrat d’obligation d’achat à l’agrivoltaïsme, il a observé et investi dans toutes les évolutions du marché. Sa lecture du solaire agricole d’aujourd’hui · franche, lucide, riche de l’expérience d’un investisseur qui n’a jamais cessé de regarder ce que le marché offrait de nouveau. Cet entretien, c’est le sien.

Du contrat de vente sur 20 ans à l’outil financier
Quand Matthieu Galland a installé son premier projet en 2010, le solaire agricole se lisait en un seul verbe · vendre. On posait des panneaux, on signait un contrat d’obligation d’achat sur 20 ans, et l’investissement remboursait des bâtiments d’exploitation. Une logique de diversification de revenu, lisible et encadrée.
Quinze ans plus tard, le récit a changé.
Depuis 2010, les coûts du solaire ont été divisés par 10. Ceux des batteries, par 6.
La parité réseau est atteinte sur l’autoconsommation industrielle. Les modes de valorisation se sont multipliés · autoconsommation individuelle, autoconsommation collective, vente de surplus, vente totale, appels d’offres CRE, PPA. Le photovoltaïque agricole n’est plus seulement une diversification de revenu · c’est devenu un outil financier à quatre faces — diversifier, valoriser, transmettre, sécuriser.
Aujourd’hui, les modèles sont divers · chaque projet est singulier.
Selon son profil, son horizon de placement, son appétence au risque et ses ambitions, chaque porteur de projet va diversifier, valoriser, transmettre ou sécuriser à travers son projet photovoltaïque — parfois séparément, parfois cumulativement.
Pour incarner ce propos, nous avons demandé à Matthieu Galland de nous accorder un entretien. Il est aussi le premier de nos clients à avoir remporté un appel d’offres en agrivoltaïsme.
L’interview · 15 ans d’investissement solaire, en 6 questions
Quand as-tu posé ton premier projet photovoltaïque, et qu’est-ce qui t’a décidé à l’époque ?
« En 2010. L’objectif était de diversifier l’exploitation tout en finançant, grâce au solaire, un bâtiment de stockage. Il y avait alors une opportunité intéressante · des contrats attractifs couplés à une baisse des coûts d’installation. »
Combien de projets solaires as-tu menés sur ton exploitation ?
« Huit à ce jour, allant de 9 à 380 kWc. »
Qu’est-ce qui a fondamentalement changé entre tes premiers projets et les plus récents ?
« La principale évolution, c’est la possibilité de coupler revente et autoconsommation. Sinon, sur les projets existants, peu de choses ont réellement changé. En revanche, sur les projets en cours, on doit désormais intégrer davantage les éléments de marché dans le business model, notamment la question des prix négatifs. »
Pourquoi as-tu fait le choix de l’agrivoltaïsme il y a déjà plusieurs années, et qu’est-ce qui t’a permis d’être le premier de nos clients à remporter un appel d’offres sur le sujet ?
« Malgré des rentabilités moins intéressantes que par le passé, le solaire reste l’activité avec le meilleur ratio revenus / contraintes opérationnelles. Ce qui m’attire le plus, c’est la possibilité de construire un actif générant des revenus avec très peu d’intervention humaine. Ce sont des projets qui m’emmèneront au-delà de ma carrière professionnelle, facilement gérables à la retraite ou transmissibles à mes enfants. »
Quel potentiel vois-tu dans les nouvelles solutions de valorisation dont on parle aujourd’hui ?
« Difficile à dire. Je ne suis pas encore totalement à l’aise avec les batteries et les centrales hybrides. J’ai peur que le marché se cannibalise. En autoconsommation, en revanche, il existe une vraie opportunité autour du stockage. Concernant les ACC, les modèles doivent encore se démocratiser. Pour l’instant, cela me semble assez complexe à structurer. Les PPA seront peut-être intéressants dans le futur si les prix remontent, mais aujourd’hui les niveaux de valorisation restent trop faibles. Les appels d’offres me paraissent encore être le modèle le plus proche de ce que nous avons connu par le passé, avec un cadre plus rassurant pour les porteurs de projets comme pour les financeurs. »
Que dirais-tu à un dirigeant agricole qui hésite à venir nous rencontrer le 5 juin ?
« Le photovoltaïque a déjà connu plusieurs cycles de hauts et de bas. Il faut rester attentif et bien informé pour être capable de prendre rapidement les bonnes décisions lorsque les opportunités se présentent. Ces sujets paraissent simples au premier abord, mais ils sont en réalité assez techniques et évolutifs. D’où la nécessité d’être bien informé et bien accompagné. »

Notre lecture · quatre leviers, un même actif
→ Diversifier ses revenus
Une dynamique décorrélée des aléas agricoles classiques — climat, prix des récoltes, charges d’intrants. C’est la logique qui a motivé Matthieu dès 2010, toujours valable aujourd’hui.
→ Valoriser son foncier
Bénéficier du gisement solaire dont chacun dispose librement. Toiture, hangar, terre continuent leurs usages — et captent en plus un rendement énergétique. Aucun déplacement, juste une valeur supplémentaire.
→ Transmettre un actif productif sur 25 ans
L’horizon d’une génération. Matthieu le formule directement · des projets « facilement gérables à la retraite » ou « transmissibles à mes enfants ». Construire un actif qui sera là quand on n’y sera plus.
→ Sécuriser sa souveraineté énergétique
Le levier le plus récent. Pour un agriculteur, maîtriser ses intrants est un réflexe ancien — fourrage, semences, engrais via méthanisation. L’électricité s’y ajoute aujourd’hui. Le solaire en autoconsommation applique la même logique · transformer une dépendance en maîtrise. Possibilité rendue opérationnelle par la parité réseau et la baisse des batteries.
Deux journées pour aller plus loin
Vendredi 5 Juin – Saint-Martin-sur-le-Pré (Marne)
Journée énergie « Solaire et stockage · votre nouvelle stratégie énergétique »
Une journée pour poser des chiffres sur vos projets. Pas un argumentaire commercial ·
un échange de stratégie énergétique, avec les équipes du Groupe Silicéo et nos partenaires.
Vendredi 19 juin · Marchaux (Doubs)
Inauguration JINKO · la batterie de stockage qui change la donne
Une seconde journée pour celles et ceux qui n’ont pas pu se libérer le 5 juin, ou qui sont basés en Bourgogne-Franche-Comté. Inauguration de la batterie JINKO, en présence de Jean-Baptiste Bournaison, Président du Groupe Silicéo.
Merci à Matthieu Galland pour ce regard franc et utile.
PRODUIRE
PILOTER
VALORISER
À propos de l’auteure
Sandrine Bournaison est Ambassadrice du Groupe Silicéo. Forte de 12 ans d’expérience dans le photovoltaïque industriel, elle a précédemment dirigé le développement commercial du Groupe (2018-2021) et la communication (2021-2024). Elle accompagne aujourd’hui les dirigeants industriels et les directions financières dans leur stratégie d’autonomie énergétique.





