Le prix de l’électricité dans dix ans ? Personne ne le connaît. En revanche, la part achetée à votre fournisseur peut diminuer.
Avec des panneaux photovoltaïques et une batterie, un élevage laitier peut viser 40 à 60 % de ses besoins électriques couverts par sa propre production.

La traite du soir n’attend pas le soleil
Le robot tourne, le tank à lait refroidit, l’eau chaude est nécessaire. Dans un élevage laitier, la consommation électrique suit le rythme des animaux, pas celui de la météo.
Produire de l’électricité sur la toiture permet d’en utiliser une partie immédiatement. La batterie prend le relais pour stocker une partie de l’énergie produite en journée et la restituer plus tard, notamment lors de la traite du soir ou pour le froid de la nuit.
Le résultat recherché est simple : acheter moins de kWh à son fournisseur d’électricité.
Traite et refroidissement

Toiture solaire

Batterie

Deux objectifs d’autonomie, une installation adaptée à votre élevage
L’idée n’est pas de remplir la toiture de panneaux. Elle est de rapprocher la production solaire des besoins réels de l’exploitation, avec une capacité de stockage dimensionnée en conséquence.

Dans les deux cas, l’installation comprend des panneaux photovoltaïques et une batterie. Pour viser 60 % de couverture, la puissance solaire installée et la capacité de stockage sont toutes deux renforcées.
Ces montants sont des repères pour des élevages de l’ordre de 600 000 à 700 000 litres de lait livrés par an. La toiture, les horaires de traite, la consommation effective et le raccordement déterminent la proposition finale.
Pourquoi le stockage devient plus intéressant
Hier, stocker le solaire coûtait cher. Le marché a changé. Selon l’Agence internationale de l’énergie, le prix moyen mondial des batteries destinées au stockage stationnaire était en 2025 trois fois plus bas qu’en 2020. Le développement du véhicule électrique, l’industrialisation et les économies d’échelle ont accéléré cette évolution.
Pour un éleveur, l’intérêt se mesure très concrètement : une partie de l’électricité produite à midi peut servir le soir. Elle peut ainsi remplacer de l’électricité qui aurait été achetée au fournisseur.
La baisse mondiale des prix des batteries ne signifie toutefois pas une baisse identique du coût d’un projet installé en France.
Moins d’achats, moins d’exposition aux hausses
Entre le premier semestre 2019 et le premier semestre 2026, le prix moyen national de l’électricité pour les entreprises françaises consommant 20 à 500 MWh par an a progressé de 56 %. Au plus fort de la hausse, au premier semestre 2023, il dépassait de 113 % son niveau du premier semestre 2019.

Ces chiffres Eurostat sont des moyennes nationales, pas les tarifs facturés à un élevage particulier. Ils illustrent surtout ce que personne ne peut maîtriser : le prix futur du kWh acheté.
En couvrant une part de ses besoins avec sa propre production, l’exploitation réduit son exposition sur cette part. L’abonnement reste dû et le solaire a, lui aussi, un coût : investissement, financement, entretien et, selon les cas, renouvellement d’équipements.
Les panneaux s’inscrivent dans un horizon de production d’au moins 25 ans. Selon les caractéristiques du projet, certaines simulations permettent d’envisager un retour simple sur investissement inférieur à dix ans. Une étude complète reste nécessaire pour établir la rentabilité et la trésorerie réelles.
GAEC de Charlemagne : le recul de sept années sur le terrain
À Sailly, dans les Ardennes, les associés du GAEC de Charlemagne ont fait installer 100 kWc de photovoltaïque sur un bâtiment agricole en mars 2019. Leur exploitation réunit élevage laitier, polyculture et méthanisation en cogénération : les consommations se prolongent jour et nuit.
Sur la période de données disponibles en 2026, le solaire couvre 33 % des besoins électriques de l’ensemble du site, élevage et méthanisation compris. Un résultat mesuré, sept ans après la mise en service.
À l’époque, les associés ne pouvaient pas anticiper les hausses qui allaient suivre. Leur choix a néanmoins réduit, année après année, le volume d’électricité à acheter à leur fournisseur.
C’est cette expérience de l’autoconsommation agricole qui nourrit aujourd’hui les nouvelles configurations intégrant le stockage.

Et sur votre exploitation, quel serait le bon objectif ?
Pas besoin de commencer par une étude complexe. Deux éléments donnent une première idée du potentiel : le volume de lait livré sur une année et une facture récente d’électricité.
Ensuite, on regarde le fonctionnement de l’exploitation : robot ou salle de traite, tank, autres équipements et horaires de consommation.
Vous obtenez une première estimation du taux de couverture envisageable, du dimensionnement panneaux-batterie, de l’investissement et des achats d’électricité potentiellement évités.
De quoi décider avec des chiffres adaptés à votre élevage, et non sur une promesse générale.
Votre exploitation laitière est concernée ?
Retrouvez-nous à Poussay et à Agrimax
Retrouvez les équipes du Groupe Silicéo à la Foire de Poussay les 24 et 25 octobre (emplacement D34), puis au salon Agrimax à Metz du 28 au 30 octobre (Hall B stand 2).
Venez avec votre volume annuel de lait et votre dernière facture : nous pourrons évoquer vos premières pistes d’économies.
À propos de l’auteure
Sandrine Bournaison est Ambassadrice du Groupe Silicéo. Forte de 12 ans d’expérience dans le photovoltaïque industriel, elle a précédemment dirigé le développement commercial du Groupe (2018-2021) et la communication (2021-2024). Elle accompagne aujourd’hui les dirigeants industriels et les directions financières dans leur stratégie d’autonomie énergétique.





